Les déceptions de Pumpkinbean

Un article pas comme les autres cette fois-ci ! En effet, je suis libraire, je lis donc pas mal et il m’arrive parfois d’essuyer quelques déceptions. Et oui ! La littérature jeunesse est une chouette littérature mais parfois elle n’est pas à la hauteur de ce qu’on attend ! Je vais donc vous parler ici de deux livres pour ados (parce que oui la littérature pour ado constitue l’essentiel de mes lectures), qui m’ont passablement ennuyée. Je ne vais pas m’étendre trop sur chaque critique, quand on trouve un livre moins bien qu’un autre ça ne sert à rien de appesantir dessus.

 

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Le dernier chant – Eva Wiseman

« Grenade, Espagne, 1491. Isabel de Cardosa va avoir quinze ans. Fille d’un médecin très en vue à la cour royale, elle sera bientôt en âge de se marier et est promise à un avenir radieux. Ses parents ont d’ailleurs toujours voulu son bien. Or les voilà qui insistent soudain pour qu’elle se fiance avec Luis de Carrera, un jeune homme grossier, violent, voire cruel. Pour marquer cet engagement, ils commandent un bijou précieux : une alouette d’or dans une cage d’argent. Mais cette union suffirait-elle à protéger Isabel et à assurer sa situation ? En Espagne à cette époque, l’Inquisition traque les Juifs et les conversos, ceux qui se sont convertis récemment au christianisme. Sous la conduite de l’effroyable Torquemada, les officiers catholiques emprisonnent des gens, brûlent des livres, sèment la terreur. Isabel comprend que la cage risque de se refermer sur elle et sur sa famille. Comment y échapper ? Confrontées à la violence et au racime (Le pantin), à l’exil (Si loin de chez soi), les jeunes héroïnes des romans d’Eva Wiseman ne baissent jamais les bras. Il en va de même pour Isabel, la jeune héroïne du Dernier chant, prise dans les tourments de l’Inquisition dans l’Espagne du XVe siècle. »

Ce résumé m’a plutôt attirée. L’Inquisition, l’Espagne, le XVe siècle ne sont pas des sujets qui sont souvent abordés dans les livres pour ados. Je me suis donc lancée dans cette lecture avec un certain entrain ! Au début j’ai bien aimé, c’était bien écrit, plutôt intéressant. Le personnage principal ne me plaisait pas outre mesure mais l’univers dont elle faisait partie était bien construit. La jeune fille qui se crois chrétienne, doit se marier à un catholique de longue date pour asseoir sa position sociale et de bonne catholique dans une Espagne en pleine Inquisition. Elle découvre qu’en fait sa famille est juive. Un choc énorme pour cette jeune fille.

Honnêtement, le pitch est bien construit, mais c’est vers le milieux du livre que ça se gâte. Isabel tombe amoureuse d’un juif, ne veut plus se marier à Luis de Carrera car c’est une grosse brute perverse (oui bon ça on le sait depuis le début), elle veut connaître sa religion de naissance, etc. BREF, elle se rebelle. Le problème c’est que son père se fait torturer et tout et tout, elle doit aller voir le Grand Inquisiteur, tout ça tout ça. Ca m’a ENNUYÉE ! Parce que le personnage principal est ennuyeux, parce qu’elle est niaise, irréfléchie et même si parfois les ados de 15-16 ans sont comme ça ce n’est pas la peine d’en faire une caricature grossière. A mon avis sous l’Inquisition espagnole, la plupart des gens filaient droits. Je sais que c’est de la fiction, que c’est inventé mais franchement, l’histoire a finie par m’ennuyer parce que c’était cousu de fils blancs et la fin pouvait se deviner à des kilomètres. Il peut être lu parce qu’il est intéressant pour le contexte historique.

 

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L’année solitaire – Alice Oseman

« – Mais t’es qui, toi ?
Il se fige devant moi et annonce d’une voix caverneuse :
– Je m’appelle Michael Holden.
Michael Holden.
– Et toi, qui es-tu, Victoria Spring ?
Je ne trouve rien à répondre, parce que c’est précisément ce que je répondrais : rien. Je suis du néant. Du vide. Je ne suis rien.
Soudain, la voix du proviseur retentit et je me tourne vers le haut-parleur.
Quand le silence revient, je baisse le regard et la salle est vide. J’ouvre mon poing et dans ma main, il y a le Post-it SOLITAIRE.CO.UK. Je ne sais pas à quel moment il est passé de celle de Michael Holden à la mienne, mais c’est un fait.
Ça doit être là que tout a commencé. »

Donc voilà c’est l’histoire de Tori, qui rencontre Michael qui est bizarre. Le frère de Tori, Charlie, a des « problèmes » et Lucas l’ancien meilleur ami de Tori débarque au lycée. Avant, Tori était joyeuse, délirait avec sa copine Becky qui ne parle désormais que des garçons. Voilà en gros ce qu’il se passe. Un roman ado classique depuis que « Nos Etoiles Contraires » est devenue LA SEULE référence d’histoires de vie en littérature jeunesse. Pour une fois, c’est sympa ça se passe en Angleterre et pas dans un lycée américain. Des histoires comme celle-ci il en sort au moins une cinquantaine dans l’année, mais bon ça me changeait de lire ça du coup je me suis lancée.

Cette histoire est sans intérêt. La seule chose qui est vraiment sympa c’est le site Solitaire.co.uk qui  fait rentrer Internet dans la littérature ado comme un événement particulier, comme nous le vivons aujourd’hui. Ce que fait ce site Internet est plutôt innovant, donc ça c’était bien. Toutefois les personnages sont d’une superficialité assez dingue. Tori est déprimée en permanence, écoute de la musique triste pour se sentir triste, marmonne sans arrêt, etc TROP COOL ! Becky ne pense qu’aux garçons, Michael est soit disant le mec « bizarre » que le personnage principal déteste mais qui en fait est trop cool, Lucas est le discret hipster amoureux transit et frustré et Charlie est le frère gay et psychotique. C’est tellement CLICHÉ que ce livre m’a presque déprimée. Le personnage principal est tellement pessimiste que ça m’a rendue pessimiste aussi. Bref, le niveau est assez bas. Après, ça a été écrit par une jeune fille de 18 ans, donc bon. Certains auteurs classiques ont écrit des œuvres qui sont aujourd’hui des chefs-d’oeuvre mais c’est probablement parce qu’à cette époque les auteurs écrivaient ce qu’ils vivaient et ressentaient au plus profond de leur coeur avec une connaissance de la langue qui manque souvent à certains auteurs aujourd’hui. Ici, cette jeune fille a certainement vécut les même choses que ses personnages mais honnêtement ça manque clairement de substance.

 

Si vous avez envie de lire ces livres je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé. N’hésitez pas à réagir !

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Un monde sauvage

Bien le bonjour tout le monde !

Aujourd’hui je vais vous parler d’un superbe livre, d’une histoire à couper le souffle, d’une cause qu’il ne faut jamais oublier et d’un auteur formidable !

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« Quelques empreintes de pattes dans la neige, une carcasse de daim abandonnée un peu plus loin… et Felitsa avait compris en un éclair à qui elle avait affaire. C’était bel et bien une tigresse que sa mère et elle venaient de repérer. Et à y regarder de plus près, une tigresse qui attendait des petits. En dépit de la fatigue et de la température glaciale, Felitsa ne regrettait plus d’avoir accompagné sa mère dans sa tournée d’inspection. Alissa était garde forestière au bout du bout de la taïga russe, une zone de trafic intense avec la Chine voisine et un beau terrain de chasse pour les braconniers. De l’autre côté de la frontière, la dépouille d’un tigre de Sibérie valait des dizaines de milliers de dollars. Si Felitsa et sa mère avaient repéré la tigresse, les braconniers n’allaient pas tarder à faire de même. Il fallait trouver le moyen de sauver sa peau… »

C’est avec bonheur que j’ai reçu le livre ! Je me souvenais que lors de la présentation par la représentante, j’avais vraiment apprécié l’histoire qu’elle me racontait. Je me suis donc plongée dans ce roman dès que je l’ai reçu et je l’ai fini en… deux jours.

La première chose qui m’a frappée en lisant ce livre c’est le dépaysement total. On se retrouve au fin fond de la Taïga, à l’extrême Est de la Sibérie. Tout est blanc, tout est froid, et parfois le silence emprisonne le paysage. On ressent tout cela grâce à la plume de l’auteur, qui nous emporte au fin fond de la Russie. Une écriture sans fioritures, tout en intensité et légèreté permettent au roman de bien fonctionner et d’emmener le lecteur dans ce petit village perdu, entouré des étranges forêts de la Taïga. C’est la première fois que je lisais un roman qui se passait dans ces contrées et je n’ai pas été déçue ! Cela m’a donné envie de lire plus de romans qui se passent en Russie.

Ce que j’ai également beaucoup aimé dans ce roman c’est l’histoire. Le personnage de Felista est un personnage que j’aime beaucoup, qui se retrouve tiraillée entre sa volonté de protéger la nature, car elle suit sa mère – garde foretière – dans certaines de ses « tournées » et entre l’envie de suivre ses amis, d’être populaire, de faire ce que les jeunes de son âge font : sortir, faire du shopping, se maquiller, etc. Ce sont des questions que certains adolescents se posent à cet âge là.
On est plongé au coeur de sa famille, avec sa mère qui voue sa vie à la protection de la nature, notamment des tigres de la région qui se retrouvent braconnés et partent en direction de la Chine; son père, se charge de déblayer les routes remplies de neige et son petit frère étrange, qui ne parle que très rarement et qui dessine beaucoup. On découvre aussi d’autres personnages comme la maîtresse d’école qui cache un passé dramatique, les garçons qui souhaitent jouer les gros bras, les hommes brutes et les filles en quête de popularité. Toutes ces personnes sont attachantes à leur manière.

La découverte de la tigresse et de ses petits donnent une superbe impulsion au roman qui se transforme en mission sauvetage et en ouvrage qui milite d’une jolie façon pour la défense des animaux. Vous ne trouverez pas de violence de la part des braconniers mais beaucoup d’absurdité et de stupidité pour quelques dollars de plus. Le suspens y est total, on est sur le qui-vive régulièrement. L’alternance entre la vie dans le village et les tournées au coeur de la forêt donne de l’ampleur à ce roman, car même au coeur de ce bourg, on découvre les conséquences des goulags sur la vie de certains des habitants.

J’ai véritablement apprécié que l’on soit plongé au coeur de la protection d’une espèce en danger. J’ai appris beaucoup de choses comme le fait que les tigres des neiges soient poursuivis par des braconniers qui les envoient vers la Chine où les tigres seront revendus pour leur peau, leurs dents, etc. J’ai découvert que les tigres des neiges sont vraiment peu nombreux, qu’ils sont extrêmement rares et précieux pour la survie de la faune de Sibérie.

J’ai été chamboulée par Un monde sauvage, dans le bon sens du terme évidemment. C’est un roman plein de force, de courage, de volonté. Le dépaysement est total, les personnages sont superbement écris, bref lisez-le !

J’ai envie d’en savoir plus sur cet auteur car, et j’ai honte de le dire, c’est le seul roman que j’ai lu. Je viens de commencer Itawapa et c’est déjà bien parti pour moi !

 

Le mystère de Lucy Lost

Bonjour à tous ! Cela fait quelques temps que je ne suis pas venue par icic, mais aujourd’hui je vais essayer de vous gâter ! Je commence par la chronique du dernier livre de Michael Morpurgo !

 

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« Mai 1915…
Sur une île de l’archipel des Scilly, un pêcheur et son fils découvrent une jeune fille blessée et hagarde, à moitié morte de faim et de soif. Elle ne parvient à prononcer qu’un seul mot : Lucy. D’où vient-elle? Est-elle une sirène ou, plutôt comme le laisse entendre la rumeur, une espionne au service des Allemands ?
De l’autre côté de l’Atlantique, le Lusitania, l’un des plus rapide et splendides paquebots de son temps, quitte le port de New-York. A son bord, la jeune Merry, accompagnée de sa mère, s’apprête a rejoindre son père blessé sur le front et hospitalisé en Angleterre… »

 

J’avoue n’avoir jamais lu de titres de Michael Morpurgo, et très récemment je me suis rendue compte que j’avais énormément lu Pierre Bottero, mais ça c’est une autre histoire. Mais je connaissais cet auteur et je savais qu’il faisait partie des auteurs jeunesse incontournables. C’est donc pour cela que je me suis lancée dans cette lecture.

J’avoue avoir eu du mal à commencer ma lecture. Les 50 premières pages m’ont passablement déçues, et j’ai décidé de ne pas continuer, de le reprendre plus tard, de laisser reposer cette mauvaise impression très certainement due au fait que je n’avais pas l’envie nécessaire pour me plonger dans cette lecture. J’avais reçu le livre très tôt et j’ai simplement attendu sa sortie pour m’y remettre.

J’ai adoré ! Et oui c’est juste ma mauvaise tête qui n’était pas d’humeur à la lecture car ce livre est tout simplement bluffant ! On y découvre l’histoire d’Alfie, jeune garçon qui part à la pêche avec son père et découvre sur une île dite « maudite » une jeune fille complètement perdue. Le seul mot qu’elle prononce est « Lucy » La famille de ce garçon décide de recueillir cette jeune fille qui ne parle pas, et qui semble avoir vécut un traumatisme. La famille fera tout son possible pour essayer de comprendre qui est cette jeune fille. La musique et la découverte d’une passion pour le cheval de l’île la rendra plus sociable mais ne fera rien contre son mutisme. C’est la découverte de soldats allemands qui va tout changer et l’on découvrira alors qui est Lucy. En parallèle on suit l’histoire de Merry, jeune fille du Maine, qui à la suite d’une mauvaise nouvelle convainc sa mère de rejoindre son père, soldat en Angleterre. Elles embarquent sur le Lusitania, un paquebot qui traverse l’Atlantique. Merry est une jeune fille vive, très curieuse et cultivée. Elle raconte son histoire à bord du Lusitania, les amis qu’elle se fait, jusqu’au naufrage de celui-ci et le conséquences que cela aura sur sa vie. Elle sera secouru par des marins ennemis et la déposeront au large de l’Angleterre.

Ce qui est vraiment incroyable dans ce roman c’est la composition des personnages. Chacun a son histoire, chacun est très attachant. L’oncle revenu d’un asile psychiatrique, la mère d’Alfie prête à tout pour protéger ses enfants, le père d’Alfie optimiste, le médecin intrigué et plein de bonne volonté, les habitants des îles, leur courage, leurs faiblesses, la maîtresse d’école qui croit en la bonté de Lucy. L’entourage de Merry est aussi très attachant, notamment les personnes qu’elle rencontre sur le paquebot. Tout cette multitude de caractères est vraiment intéressante et intrigante, c’est une des multiples forces du roman, celle qui fait que l’on a envie de savoir ce qu’il s’est réellement passé pour Lucy et Merry.

La construction du roman est également une autre force de cette histoire. On se retrouve plongé dans deux histoires entremêlées qui finiront par se rejoindre à la toute fin, grâce à un rebondissement très intense. La progression de Lucy vers la parole nous tient en haleine et d’un autre côté, la traversé de Merry s’annonce fatale. C’est ce qui fait tenir le suspens du Mystère de Lucy Lost. D’autre part, à aucun moment on ne s’attend à ce que les habitants de l’île se retournent contre la famille d’adoption de Lucy. Le temps de la guerre permet quelques rebondissements qui construiront l’histoire de Lucy et de Merry. La place de la guerre et de ses conséquences est très importante dans ce roman. C’est un sujet qu’il n’est pas facile d’aborder dans un livre jeunesse, qui plus est dans une histoire qui se passe sur une île au large de l’Angleterre. L’auteur arrive cependant à concilier tout cela pour créer un récit très prenant, qu’on ne lâche plus une fois commencé (même si j’ai eu quelques difficultés, je mets ça sur le compte de mon humeur de lecture qui n’était pas au beau fixe).

La lecture y est facile, l’écriture travaillée mais dénuée de fioritures, j’ai adoré ce livre grâce à ce lyrisme dans l’écriture et à cette poésie qui doit être propre à Michael Morpurgo. Je n’ai qu’un désir après avoir lu ce livre c’est d’en lire d’autres de cet auteur, j’ai vraiment envie de découvrir son travail, parce que j’ai trouvé que Le mystère de Lucy Lost était un livre très beau sur la confiance faite aux autres, sur le partage d’une histoire et sur le traumatisme vécut par une enfant.

C’est un coup de coeur pour moi je suis ravie d’avoir attendu pour me remettre à cette lecture et ne pas rester sur la mauvaise impression que j’avais eu au départ.