Journal d’un vampire en pyjama – Mathias Malzieu

Bonjour les petites citrouilles,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, je suis actuellement hospitalisée pour une maladie un peu spéciale. Rassurez-vous je vais bien et je suis plus ou moins en forme. Il s’agit d’une maladie auto-immune rare, mais avec laquelle je peux vivre tout à fait normalement. Je peux travailler, m’épanouir, etc alors surtout pas de soucis à se faire. Si je vous dit tout ça aujourd’hui c’est que je viens de finir l’extraordinaire livre de Mathias Malzieu : Journal d’un vampire en pyjama, publié aux éditions Albin Michel. A la base je ne voulais pas parler de ma maladie, je n’aime pas spécialement en faire tout un plat sauf avec mes amis les plus proches et ma famille. En lisant ce livre, j’ai changé d’avis car je me dis que je ne dois pas en avoir honte ou le cacher car ça peut amener des personnes qui me lisent à parler plus ouvertement de maladies ou de problèmes de santé qui ne sont pas assez médiatisés.

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. » Mathias Malzieu

Quand j’ai commencé ma lecture je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne savais pas si ce serait dur, ou larmoyant, ou autre, bref une lecture pas très réjouissante. Sauf que j’avais oublié la plume poétique de l’auteur, alors même que j’écoute ses albums depuis mon adolescence et que j’ai lu quelques uns de ses livres. Parce que, Mathias Malzieu a une plume bien à lui, qui se situe quelque part dans l’inter-espace prose poésie rigolote. Du coup, la lecture est vraiment très agréable, c’est comme si on flottait sur les mots. J’ai une imagination débordante et avec son écriture, je me suis imaginée tout un tas de choses. Ce n’est peut-être la même chose que ce que nous offrait Boris Vian, mais clairement j’ai senti lors de cette lecture une ressemblance dans l’art d’aborder le réel et d’en faire quelque chose d’extraordinaire. Cela m’a beaucoup plu d’avoir la vision d’un « appartelier« , ou de « nymphirmières« . Vous l’aurez compris, j’ai été vraiment transportée dans un autre monde beaucoup plus doux que celui auquel je m’attendais et j’ai adoré.

Autre chose, étant moi même une habituée des hôpitaux, sans pour autant avoir vécut quelque chose d’aussi complexe et dur que ce Mathias Malzieu a subit, j’ai vraiment énormément apprécié sa façon de parler du personnel soignant. Pour moi, ce livre est une ode au personnel des hôpitaux, une déclaration d’amour pour ceux qui au quotidien s’occupent de nous. Ces gens qui cherchent parfois à nous déranger le moins possible alors que l’on est dérangé constamment, qui deviennent des mères et pères de substitution pour nous, grands enfants perdus. Ces petites mains qui font leur possible pour ne pas nous blesser, qui échangent avec nous, qui apportent énormément d’humanité dans un monde aseptisé. J’y ai retrouvé des sourires que j’avais connu, des attentions délicates, de petites choses qui offrent un rayon de soleil dans cet endroit si froid que peut être un hôpital. Je me souviendrais toujours de cette infirmière qui, alors que je faisais ma première nuit à Cochin, seule, dans ce grand lit tout mou, m’avait apportée un lait chaud avec du miel, pour me réconforter; ou encore cette aide soignante, alors que je mangeais sans sel et sans sucres à cause des corticoïdes, qui m’avait dit « C’est pas bon ce qu’il y a ce midi, vous voulez quoi ? »; ou ces médecins, grands pontes spécialistes de ma maladie qui m’écoutaient et me laissaient poser mes questions sans me prendre pour une demeurée. Tout ce petit monde devient une communauté à laquelle on appartient sans le vouloir, mais qui vous accueille avec prévenance et gentillesse.

Ce qui m’a interpellée dans ce livre c’est cette facilité avec laquelle l’auteur nous parle de sa maladie, de son ressenti et de son expérience. Cela m’a fait du bien, à moi qui suis malade également de voir que ce que je ressentais n’était pas bizarre ou, je ne sais pas comment expliquer ça, mais parfois j’avais l’impression de trop en faire, de trop me plaindre, alors qu’en fait non. C’est normal, et c’est en lisant ce livre que j’ai compris que j’étais tout à fait normale. Cela m’a fait du bien, cette lecture m’a permise de prendre du recul, d’être comprise aussi et de voir les choses de manière plus poétiques et jolies que ce que je ne les voyais avant.

Vous l’aurez sans doute deviné mais c’est un véritable coup de coeur, témoignage sincère et sans artifices, poétique et rigolo, touchant et émouvant. Lisez-le, informez vous sur ce que ressente vos proches s’ils sont malades ou hospitalisés, faites les rire et sourire, faites les vivre et inventez des histoires pour eux.

Ma note : ★★★★★
Coup de coeur

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